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miércoles, 16 de junio de 2010

"LE MERKOZYSME, UN MAUVAIS REMÈDE POUR L'UE"

16 juin 2010

 Angela Merkel et Nicolas Sarkozy sont parvenus à un accord sur la gouvernance économique européenne avant le conseil européen qui se réunira cette semaine. Simple compromis ou, comme l’affirme Nicolas Dupont-Aignan “capitulation en rase campagne”, l’histoire tranchera. Reste que l’accord retient la proposition d’Angela Merkel d’un pilotage économique élargi aux 27 et non restreint à l’Eurogroupe comme le souhaitait Paris. “Avec cet accord catastrophique, l’Union européenne confisque encore plus la démocratie, au risque de provoquer de violentes explosions sociales et populaires“, estime M. Dupont-Aignan. Une disposition prévoit en effet le retrait du droit de vote au conseil européen pour les pays laxistes en matière budgétaire.

L’intransigeance de la chancelière a contraint Nicolas Sarkozy à avaler son chapeau. Enfermée dans le dogme de la rigueur Angela Merkel apparaît une nouvelle fois plus en épicière à l’ancienne de l’Europe que, comme la dirigeante du pays le plus puissant du continent.

L’entente affichée des deux dirigeants qui survient après l’annulation en dernière minute de la précédente rencontre est un trompe l’œil destiné avant tout à rassurer les marchés. Les apparences sont sauves mais, rien n’est réglé. L’intransigeance sur les indicateurs économiques ne saurait constituer la feuille de route d’ une Union Européenne qui, à l’image d’une bicyclette, est condamnée à tomber si elle n’avance plus.

La position française était celle du bon sens : maintenir une avant-garde d’Etats, noyau dur de l’UE, susceptibles d’aller plus loin dans l’intégration. Dans le Figaro , Jacques Delors dans le rôle du vieux sage revient largement sur la panne européenne et regrette qu’ Angela Merkel refuse la coopération renforcée.Car c’est une évidence, il est plus facile de s’entendre à 16 qu’à 27. Au nom du principe de l’unité européenne, d’un traitement équivalent de l’ensemble des Etats, le diktat allemand conduit immanquablement à l’embourbement.

On ne dit pas non au chancelier de l’Allemagne” avait prévenu en son temps François Mitterrand. Le “oui” français n’est pas un cri du coeur. Outre la divergence économique, le compromis affiché masque une profonde divergence politique sur le mode de construction européenne. L’accord traduit surtout le marchandage entre une gouvernance économique élargie aux Vingt-Sept et une suspension du droit de vote des Etats déviants en échange d’une aide à la Grèce et du financement par la Banque centrale européenne (BCE) de la dette des Etats “cigales”.

La sanction exigée et obtenue par l’Allemagne à l’égard des Etats laxistes, la suspension du droit de vote en Conseil, apparaît totalement disproportionnée. Elle est surtout un terrible signal adressé aux peuples européens qui doutent déjà largement de la nature démocratique de la construction européenne.

En France, outre Debout la République, le PS a également formulé des critiques mais qui sous-estiment ce dernier aspect. Bruno Le Roux a ainsi déclaré : “Cette discussion entre la chancelière et le président de la République a marqué un accord de façade. Alors qu’il y a une monnaie unique, elle n’a pas marqué une volonté d’agir ensemble et d’avoir un sursaut politique“. Mercredi, les socialistes européens doivent présenter des contre-propositions pour sortir l’Europe de la crise qui devraient se limiter au champ économique.

Stefan Ulrich du quotidien Allemand Süddeutsche Zeitung va plus loin lorsqu’il évoque le couple franco-allemand : “Par une déclaration de principe commune, ils pourraient dissiper tous les doutes quant au sérieux de la France et à l’engagement européen de l’Allemagne. Ils pourraient soulever la question d’une armée européenne et celles de la défense du modèle social européen dans le monde, de la démocratie interne et des frontières de l’UE. Ils pourraient expliquer aux citoyens pourquoi ces derniers ont plus que jamais besoin de leur UE. Les deux parties devraient oublier leurs petites querelles. Nicolas Sarkozy, par le passé, a souvent sollicité Berlin et affirmé qu’il était prêt à entreprendre de grandes choses avec l’Allemagne. La chancelière est toujours restée sceptique. Pour une fois, elle devrait prendre Sarkozy au mot“.

Obnubilée par ses égoïsmes nationaux, l’Allemagne est perçue comme une locomotive en panne qui entretient des relations de défiance avec la France, non sans raison considérée comme une mauvaise gestionnaire. Pour le malheur de l’Europe, les deux pays ont à leur tête des dirigeants dénués de ligne politique claire au moment où, déboussolée par la mondialisation, le vieux continent se cherche des horizons et des architectes. Un mariage de la carpe et du lapin auquel le site Toute l’Europe.fr a déjà donné un nom, le Merkozysme.

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martes, 15 de junio de 2010

GAVIN HEWITT: "MERKEL-SARKOZY UNITY SHOW"

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Merkel-Sarkozy unity show

Gavin Hewitt | 09:52 UK time, Tuesday, 15 June 2010

German Chancellor Angela Merkel and French President  Nicolas Sarkozy in Berlin, 14 Jun 10The German chancellor and the French president did what was demanded of them. They displayed unity. They said the words. "More than ever, Germany and France are determined to talk with one voice," said President Sarkozy, "to adopt common policies, to give Europe the means to meet its legitimate ambitions".

They often meet together just before a summit. What France and Germany agree on before the summits is what usually happens. But not necessarily this time. Courtship rituals do not disguise the fact that there are deep differences between France and Germany over how to address the crisis in the eurozone.

The key for Germany remains discipline - those who use the single currency must live by the rules when it comes to tax and spending. The German chancellor wants a "strengthening of the Stability and Growth Pact" that governs the eurozone. In future those countries that live beyond their means risk losing their voting rights. It seems an odd sanction and one that a country in difficulty might gladly embrace, rather than take tougher decisions at home.

The French view is for a giant leap forward towards integration for the 16 countries that use the eurozone. They favour "economic government" with a powerful secretariat, a treasury that would co-ordinate national budgets and tax and spending. In the French dream, monetary union would morph into financial union.

For the moment the German view seems to have the upper hand. Angela Merkel wants "economic governance" for all 27 EU member states. She is wary of a two-tier Europe in which the eurozone has its own secretariat. So, for the time being, there will be no new institutions.

The German chancellor does, however, back pre-approval for national budgets. To bring this about she envisages treaty changes. After the bruising experience of getting approval for the Lisbon Treaty there is little appetite to enter the ring again. The President of the Commission, Jose Manuel Barroso, opposes treaty changes because he fears that countries like the UK would see it as an opportunity to reopen negotiations on clauses they don't like.

But the idea of a treaty change could pose a real challenge to David Cameron. If the result of the change was that power moved to Brussels he would have to put it to the British people in a referendum. That is a commitment which may soon be backed by legislation.

In all of this there is much that remains unclear. There is a fog around the words "economic governance". As regards the relationship between Angela Merkel and Nicolas Sarkozy, they will have to do far more to convince an anxious Europe that they see eye-to-eye. Only this week the German magazine Der Spiegel said that "they can hardly stand each other" and that she calls him the "little Napoleon". The French paper Le Point concludes "nothing is working anymore in the German-French relationship".

Meanwhile, as Europe's leaders circle each other, there are clouds on the horizon. Many people expect a Greek default. Despite the optimistic words coming out of the Greek finance ministry it is hard to find an official in Brussels who does not think that sooner or later Greek debt will have to be restructured. "Restructure" is the word that dare not mention its name, but it may still happen. And then the question is whether Greek debt should be restructured inside or outside the eurozone.

Then there is Spain. A Spanish official said yesterday (Monday) that some foreign banks were refusing to lend to a group of Spanish banks. There was a liquidity freeze on some Spanish banks in the interbank market. Yesterday - although I'm not sure it eased investors' fears - the German chancellor said Spain could make use of the 750bn-euro (£623bn; $917bn) rescue mechanism. In the twitchy world of eurozone rumours a lot of attention is being given to Spain.

The question is this: if the rescue mechanism is drawn upon will the sums be enough? It is inconceivable that Germany would be willing again to underwrite a further deal.

And then there are the austerity packages that are gradually dropping on European doormats like unwelcome bills. Will the people accept la rigueur? In Germany 87% of those polled thought their measures were unfair. The Italians and the Spanish are all preparing to protest further. Eventually the question could become political: "Is all this (austerity, bail-outs) the price of keeping the eurozone together?"

lunes, 14 de junio de 2010

¿UNA ESTRATEGIA NO COOPERATIVA?

Edito du Monde
Les fausses vertus de l'exemplarité allemande
LE MONDE | 14.06.10 | 13h38

ue la zone euro soit aujourd'hui malade des pays d'Europe du Sud, de leurs faiblesses économiques structurelles, de leur manque de compétitivité, personne ne peut le nier. Mais il faut aussi se demander si elle n'est pas malade, et plus gravement encore, de la stratégie économique menée par sa première puissance, à savoir l'Allemagne.

Il y a une semaine, Berlin annonçait, à la surprise générale, un plan d'économies budgétaires de 80 milliards d'euros d'ici à 2014. Le président de la Bundesbank, Axel Weber, s'est réjoui de ce programme, qui a "valeur d'exemple".

Certes, les mesures de rigueur décidées par l'Allemagne vont contraindre ses partenaires, en premier lieu la France, à faire enfin un véritable ménage dans leurs propres comptes publics et à ne pas se contenter de promesses creuses. Mais en dehors de cet impact vertueux, l'austérité allemande apparaît au moins aussi inutile que dangereuse. Inutile dans la mesure où les marchés n'exercent aucune pression sur les emprunts d'Etat allemands, considérés par les investisseurs comme des valeurs extrêmement sûres, et qui présentent les taux d'intérêt les plus bas au monde.

Surtout, la rigueur allemande risque d'avoir des effets très négatifs sur la croissance dans toute l'Europe, sans laquelle il est vain d'espérer un assainissement durable des finances publiques. Les mesures d'économies budgétaires vont peser sur la consommation des ménages allemands, alors même que Paris, Washington et l'ensemble des économistes réclamaient, au contraire, qu'elle soit stimulée pour soutenir la croissance chez ses voisins.

Au lieu de cela, l'Allemagne choisit de s'enfermer dans une stratégie "non coopérative", pour parler comme les experts, convaincue de la supériorité de son modèle de croissance, fondé sur la compétitivité, via la maîtrise des coûts salariaux, et les exportations.

C'est oublier que ce modèle ne fonctionne, comme l'avait justement remarqué la ministre de l'économie, Christine Lagarde, que si d'autres pays choisissent une voie différente, celle de la demande intérieure. Par définition, tout le monde ne peut pas dégager des excédents "kolossaux". L'année 2009, au cours de laquelle l'Allemagne, victime de l'effondrement du commerce mondial, a subi une récession de 5 %, aurait pourtant dû lui faire prendre conscience que son modèle n'est pas si parfait que cela. Et qu'il est grand temps de le rééquilibrer pour son propre bien, celui de ses partenaires et l'avenir de l'euro. Ce n'est, à l'évidence, pas le cas.

Berlin ne cesse de réclamer une meilleure gouvernance économique de la zone euro, en insistant sur la nécessité de renforcer le pacte de stabilité et les mesures de sanction contre les pays laxistes. Mais une meilleure gouvernance, c'est aussi, surtout, une meilleure harmonisation des stratégies, un sens du jeu collectif. Il faut regretter que Mme Merkel n'affiche pas, en matière de politique économique européenne, les mêmes vertus que la Mannschaft, l'équipe allemande, en Afrique du Sud.


Article paru dans l'édition du 15.06.10

miércoles, 9 de junio de 2010

TRAS LA CENA FALLIDA, SIMULACRO DE RECONCILIACIÓN URGENTE

Sarkozy et Merkel affichent leurs convergences sur la régulation financière

Deux jours après leur rendez-vous raté de Berlin, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont opportunément relancé mercredi leur effort de régulation des marchés financiers dans une lettre qui sonne comme un démenti aux tensions qui affectent le couple franco-allemand. Rendu public à l'aube, le courrier du président français et de la chancelière allemande presse le président de la Commission européenne José Manuel Barroso de présenter en juillet plutôt qu'en octobre ses propositions sur l'interdiction en Europe de certaines ventes à découvert ou produits dérivés, accusés de favoriser la spéculation. "Compte tenu des évolutions récentes des marchés, nous estimons qu'il existe un besoin urgent que la commission puisse accélérer ses travaux s'agissant de l'encadrement renforcé du marché des CDS (credit default swaps) et des ventes à découverts", écrivent les deux dirigeants. Peu apprécié à Bruxelles qui a jugé travailler aussi "rapidement" que possible, l'empressement de M. Sarkozy et Mme Merkel intervient fort à propos sur un dossier à l'origine des frictions entre Paris et Berlin. Le mois dernier, la ministre française de l'Economie Christine Lagarde avait reproché à Berlin sa décision d'interdire unilatéralement certaines ventes à découvert sans concertation avec ses partenaires européens, s'attirant les foudres de son homologue allemand Wolfgang Schaüble. Mme Lagarde s'est réjouie mercredi du courrier Sarkozy-Merkel. "La Commission fait un très bon travail mais il y a urgence", a-t-elle jugé en insistant sur "l'importance" de leur démarche. Car deux jours après le report impromptu à la semaine prochaine du dîner de lundi entre le président et la chancelière, cette initiative ne pouvait pas mieux tomber pour faire taire les commentaires qu'il a alimentés sur les difficultés du couple franco-allemand, toujours divisé sur les contours d'un futur gouvernement économique de l'Europe. L'Elysée a écarté toute "connexion" entre la lettre de mercredi et le rendez-vous manqué de lundi, officiellement dû à des problèmes d'emploi du temps côté allemand, assurant qu'elle était "dans les tuyaux" depuis la semaine dernière. Mais d'autres ont bien voulu convenir qu'il fallait y voir une volonté de réaffirmer, malgré des divergences, l'unité de l'axe Paris-Berlin. CUIDADO CON LOS EJES: EXCLUYEN A MUCHOS OTROS "Ce n'est pas anodin (...) il fallait montrer CUIDADO CON LAS EXHIBICIONES que la France et l'Allemagne travaillent ensemble", a dit le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes Pierre Lellouche, "la séparation n'est pas une option" PUEDE SERLO . Le dîner a été "décalé, sans doute pour de multiples raisons, peu importe", a balayé le porte-parole du gouvernement Luc Chatel, "ce qui compte, c'est que la France et l'Allemagne (...) continuent à travailler ensemble". Et de son côté, la chancellerie a une nouvelle fois nié mercredi toute "irritation". "Le report de ce rendez-vous a été décidé en accord total des côtés français et allemand", a expliqué son porte-parole. Mais ce discours optimiste a encore du mal à convaincre. En Allemagne, le quotidien Die Welt (droite) a regretté que "les froideurs et les malentendus se multiplient" entre les deux partenaires. Et le Frankfurter Rundschau (centre gauche) a jugé que "les impératifs de calendrier comme les tentatives d'apaisement paraissent peu crédibles". En France, le patron des députés socialistes Jean-Marc Ayrault a considéré le report du dîner de lundi comme "une réaction d'humeur à l'égard de Nicolas Sarkozy". "Quand il y a une décision prise en commun, il tire la couverture à lui, a-t-il poursuivi, ce n'est pas comme ça que ça peut marcher un couple franco-allemand".

martes, 8 de junio de 2010

"LES RATÉS DU MOTEUR FRANCO-ALLEMAND"

dito du Monde
Les ratés du moteur franco-allemand
LE MONDE | 08.06.10 | 13h06

omment s'y retrouver ? Réunions incessantes, ici ou là, à 16 ou à 27, des ministres européens de l'économie et des finances. Annulation d'un dîner franco-allemand lundi 7 juin. ANULADO POR SARKO. RESENTIMIENTO, PRECIPITACIÓN. SE AÑADE A LAS CRECIENTES VOCES QUE SE DICEN EXASPERADAS POR ANGELA MERKEL, IDENTIFICÁNDOLA SIN MÁS CON ALEMANIA Conseil européen le 17 juin à Bruxelles. Adoption en Allemagne, en Grande-Bretagne, aux Pays Bas de projets de budget 2011 où chacun semble rivaliser dans la rigueur et l'austérité - mais sans aucun souci d'harmonisation européenne... PROYECTOS, ANUNCIOS, NO DECISIONES

L'Europe est à la peine, elle souffre. EUROPA NO EXISTE COMO SUJETO HISTÓRICO. LA UE -QUE NO ES LO MISMO- SÍ. Elle affronte la crise dans le désordre, ACENTUADO DESDE LA AMPLIACIÓN tout en cherchant à se doter des instruments qui lui permettraient d'y faire face, sinon dans l'ordre (ne rêvons pas), du moins avec un minimum d'harmonisation. VANA PRETENSIÓN: SIEMPRE HAY QUE DIRIMIR CONFLICTOS. Y HAY CONFLICTOS POSITIVOS, CREATIVOS, RENOVADORES


La bataille se déroule sur trois fronts. Commençons avec la zone euro (les 16) et avec une bonne nouvelle. Un mois après avoir adopté (le 9 mai) un plan de stabilisation de la zone, les membres de l'union monétaire en ont arrêté, lundi soir 7 juin, à Luxembourg, les modalités d'application. Un Fonds européen de stabilité financière (FESF) est créé, doté de plusieurs centaines de milliards d'euros, pour venir en aide à ceux des 16 qui en auraient besoin. Mardi, l'euro se redressait face au dollar.

Le deuxième front est celui de l'obéissance aux règles au sein de la zone euro. C'est leur non-respect quasi général - en Grèce dans des proportions homériques, si l'on peut dire - qui a mis l'union monétaire au bord de l'explosion. Les 16 puis les 27 se sont entendus lundi soir pour des sanctions plus strictes et intervenant plus tôt à l'encontre des pays qui ne respecteraient pas les règles de discipline budgétaire qu'impose une monnaie unique - en contrepartie de tout ce qu'elle apporte à ses détenteurs. Bonne chose, là encore.

Le troisième front est plus large et plus politique. C'est l'idée d'une gouvernance économique de l'Europe, au menu du Conseil du 17 juin. Là, les Européens bégaient, hoquettent, patinent, se divisent, incapables - semble-t-il - de faire prévaloir un intérêt commun, posé en ambition supérieure et qui s'imposerait à tous comme une nécessité historique.

Las ! On est dans le repli national, la frilosité comptable, le "moi d'abord"-et-que-les-autres-s'en- accommodent. Certes, les 16 ministres des finances de la zone euro ont pris une sage décision lundi : les grandes lignes des projets de budget nationaux seront soumises, pour examen préalable, aux autres et à la Commission.

C'est bien, mais insuffisant. Car, pour penser l'instrument du budget comme un élément d'une politique conjoncturelle européenne d'ensemble, il faut aller plus loin. Imaginer un forum où l'on pourrait poser une question aussi incorrecte, mais néanmoins pertinente que celle-là : est-il vraiment dans l'intérêt de l'Union que l'Allemagne adopte aujourd'hui un budget d'austérité drastique quand on voudrait la voir stimuler sa demande intérieure ?

La France propose à juste titre d'imaginer un comité de pilotage des politiques budgétaires, à 16 ou à 27. C'est la bonne voie. Angela Merkel, politiquement affaiblie, n'était pas prête à en discuter hier soir avec Nicolas Sarkozy. ¿CÓMO SABERLO,SI FUE SARKO QUIEN RENUNCIÓ A LA CENA? Dommage. Sans leur entente, rien n'est possible. FALSO: ALEMANIA PUEDE PRESCINDIR DE FRANCIA Y AGRUPAR A OTROS ALIADOS.


Article paru dans l'édition du 09.06.10

DESPEJANDO PRECIPITADAS CONDENAS DE LOS VECINOS

lunes, 7 de junio de 2010

EN PLENA CAÍDA

L'euro a plongé à son plus bas niveau depuis quatre ans, entraînant les places financières d'Asie. Le CAC 40 a ouvert en baisse de 1,69 %.

miércoles, 19 de mayo de 2010

IRRITACION FRANCESA, SATISFACCIÓN ESPAÑOLA CON LA REGULACIÓN ALEMANA DEL MERCADO FINANCIERO

Euro-Krise

Frankreich irritiert über deutsches Leerverkaufsverbot

Frankreichs Wirtschaftsministerin Christine Lagarde hat sich kritisch zur deutschen Finanzmarktregulierung geäußert. Die Märkte gaben nach der BaFin-Entscheidung nach.

Die französische Wirtschaftsministerin Christine Lagarde

Die französische Wirtschaftsministerin Christine Lagarde

Frankreich hat sich irritiert über den Vorstoß Deutschlands gezeigt, ab sofort sogenannte ungedeckte Leerverkäufe bestimmter Wertpapiere zu verbieten. "Ich finde, dass jemand bei einer solchen Maßnahme zumindest den Rat der anderen Mitgliedstaaten einholen sollte", sagte die französische Wirtschaftsministerin Christine Lagarde. "Folglich erwägen wir dies nicht. Wir haben nicht vor, dem Schritt zu folgen."

Seit Mitternacht gilt in Deutschland ein Verbot ungedeckter Leerverkäufe, also riskanter Wetten auf die Kursentwicklung von Wertpapieren. Es betrifft Staatsanleihen aus der Euro-Zone sowie Aktien von zehn Unternehmen der deutschen Finanzbranche. Laut Finanzaufsicht sollen die Einschränkungen bis zum 31. März kommenden Jahres gelten. Bundeskanzlerin Angela Merkel kündigte an, das Verbot aber so lange zu verlängern, "bis anderweitige Lösungen auf der europäischen Ebene gefunden" worden seien".

Spanien hingegen will den deutschen Alleingang unterstützen. "Wir stehen voll und ganz hinter den Entscheidungen von Bundeskanzlerin Merkel", sagte der spanische Ministerpräsident Jose Luis Rodriguez Zapatero. EU-Kommissionspräsident José Barroso sagte, die Euro-Zone sei sich einig, dass missbräuchliche Leerverkäufe bekämpft werden müssten.

Merkel für Besteuerung der Finanzmärkte

Die Euro-Rettung sei die größte Bewährungsprobe der Europäer seit der Gründung der Europäischen Gemeinschaft, sagte Bundeskanzlerin Merkel bei einer Regierungserklärung.

Der überraschende Vorstoß der Bundesregierung sowie warnende Äußerungen der Kanzlerin zur Euro-Krise für zusätzlichen Druck an den Devisenmärkten. Merkel hatte die Euro-Krise als existenziell bezeichnet. "Die Politiker haben noch nicht verstanden, dass fahrlässige Aussagen auf Kosten der gemeinsamen Währung gehen", bemängelte Währungsanalyst Jeremy Stretch von der Rabobank. Sorgen bereiten den Händlern zudem die Pläne zur Einführung einer Finanzmarktsteuer.

Nachdem der Euro in Fernost bereits auf ein Vier-Jahres-Tief von 1,2146 Dollar gerutscht war, kostete sie am frühen Nachmittag 1,2196 Dollar. "Nun treiben die Politiker den Teufel mit dem Beelzebub aus", sagte Hans-Jürgen Haack von den Bernecker Börsenbriefen. "Die Finanzmarktregulierungen werden den Euro insgesamt eher weiter schwächen, weil das Geld abfließen wird."

Das deutsche Verbot setzte auch den Aktienbörsen zu. Der Dax fiel um 2,6 Prozent auf 5995 Punkte und damit unter die wichtige Marke von 6000 Punkten. Auch am Rentenmarkt hinterließ der Regulierungsschritt Spuren. "Der nationale Alleingang verunsichert. Das scheint alles ein wenig undurchdacht zu sein", sagte ein Rentenhändler.

Auch der Rohölmarkt steht unter dem Einfluss des Leerverkaufs-Verbots. Im Zuge fallender Aktienkurse und eines festeren Dollar gab der Ölpreis weiter nach. Das Fass WTI verbilligte sich um 1,6 Prozent auf 68,30 Dollar und erreichte damit den tiefsten Stand seit Anfang Oktober 2009. Brent wurde mit 73,72 Dollar ein Prozent tiefer gehandelt. Kaum Unterstützung erhielt der Markt vom überraschenden Rückgang der US-Lagerbestände in der Vorwoche.

domingo, 16 de mayo de 2010

LA CRISIS Y EUROPA, SEGÚN TRICHET

Trichet : "la situation la plus difficile depuis la 2e guerre mondiale"
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 15.05.10 | 17h32

e président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, estime dans un entretien à paraître lundi 17 mai dans l'hebdomadaire DER Spiegel que les marchés se trouvent dans "la situation la plus difficile depuis la deuxième guerre mondiale, voire depuis la première".

"Nous avons vécu et vivons des temps véritablement dramatiques", poursuit-il, estimant qu'en fin de semaine passée, lors de la vague de panique sur les bourses européennes, "les marchés ne fonctionnaient plus, c'était presque comme au moment de la faillite de Lehmann Brothers en septembre 2008".

Dans cette interview, Jean-Claude Trichet laisse entendre que c'est aux gouvernements européens, plus qu'aux marchés monétaires, qu'incombe la responsabilité du recul de l'euro, qui est tombé vendredi à un nouveau plus bas de 18 mois face au billet vert. Il estime que l'euro n'est pas en butte à des attaques spéculatives et considère que l'Europe doit envisager des changements profonds en vue de prévenir et de sanctionner les écarts de conduite des Etats en matière de politique économique. "Ce n'est pas une question d'attaque contre l'euro. Cela concerne le secteur public et donc la stabilité financière dans la zone euro, explique-t-il. Il est clair que les Européens ont pour principale responsabilité de prendre des mesures appropriées pour contrebalancer les tensions actuelles en Europe."

Le président de la BCE plaide également pour un contrôle renforcé des budgets nationaux. "Nous devons faire un bond en avant dans la surveillance mutuelle des politiques européennes en Europe. Nous avons besoin de meilleurs mécanismes pour prévenir et sanctionner les écarts de conduite." "Il nous faut une mise en oeuvre efficace du contrôle mutuel, nous avons besoin de sanctions efficaces pour les atteintes au Pacte de stabilité et de croissance. La BCE réclame ici de profonds changements", souligne-t-il.

Jeudi, la Commission européenne avait proposé d'examiner en amont les budgets nationaux. "On ne peut pas avoir une union monétaire sans avoir une union économique, a plaidé José Manuel Barroso, le président de la Commission. Si les Etats ne veulent pas d'une union économique, ils doivent oublier l'union monétaire." L'idée a d'ores et déjà été rejettée par certains pays comme la Suède, et les parlementaires français sont loin, dans leur grande majorité, d'y souscrire.




LA CRISIS Y EUROPA, SEGÚN ANGELA MERKEL




Pour Merkel, l'Europe ne fait que "gagner du temps"
LEMONDE.FR avec AFP | 16.05.10 | 15h24

a chancelière allemande Angela Merkel a estimé dimanche que la zone euro n'avait fait que "gagner du temps" avec les plans d'aide à la Grèce et celui pour éviter la contagion à d'autres pays en difficulté. Selon elle, les vrais problèmes - les disparités économiques entre les Etats membres et leur endettement - restent à régler.

"Tous ce que nous avons fait avec (ces plans), c'est gagner du temps pour que les disparités en termes de compétitivité et d'écarts de déficits entre les pays de la zone euro soient réglés", a déclaré Mme Merkel lors d'un discours à l'occasion du congrès de la confédération syndicale allemande (DFB). "Ce qui est arrivé en Grèce est complètement inadmissible : que pendant des années on puisse falsifier ses statistiques" officielles, a-t-elle dénoncé. "Mais c'est également un fait que la spéculation (qui a fait chuter l'euro) n'a été et n'est possible que parce qu'il y a d'énormes disparités dans la solidité économique et dans l'endettement respectif des états membres de la zone euro", a-t-elle ajouté.

Samedi, la chancelière avait averti, dans un entretien au quotidien Süddeutsche Zeitung, que pour redresser ses finances publiques, l'Allemagne devrait faire "des choix très difficiles". Vendredi, à l'occasion de la rencontre oecuménique annuelle entre les catholiques et les protestants allemands, Mme Merkel avait même estimé que les Allemands "ne pouvaient pas vivre indéfiniment au-dessus de leurs moyens".

L'Union européenne a dû mettre sur pied un dispositif d'aide à la Grèce de 110 milliards d'euros sur trois ans associant les Etats européens et le Fonds monétaire international. Ce plan a été suivi le week-end dernier d'un second à hauteur de 750 milliards d'euros à destination de la zone euro, afin d'éviter une contagion de la crise grecque à d'autres Etats en difficulté. En contrepartie de ce plan, un renforcement des mesures de surveillance des budgets par la Commission européenne est actuellement en négociation.





martes, 11 de mayo de 2010

LE MONDE: "UN TRAITEMENT DE CHOC QUI NE GUÉRIT PAS TOUT"

Edito du Monde
Un traitement de choc qui ne guérit pas tout
LE MONDE | 10.05.10 | 14h14

obilisation générale", "riposte massive" : c'est un vocabulaire militaire qui a accompagné l'annonce du plan de sauvetage de l'euro dévoilé lundi 10 mai au petit matin à Bruxelles par les dirigeants européens. Et face aux attaques sans précédent des marchés, ce sont bien des armes de destruction lourde qui ont été sorties : création d'un fonds d'intervention de 750 milliards d'euros, action coordonnée des grandes banques centrales, achat direct d'emprunts d'Etat par l'institut d'émission européen.

Il faut bien sûr se réjouir du fait que les Européens aient enfin réussi à surmonter leurs divergences. Se féliciter aussi de voir qu'après des mois de tergiversations et d'hésitations qui ont laissé l'affaire grecque contaminer toute la zone euro, ils aient pris la mesure de la gravité de la crise et compris la nécessité de caler le rythme de leur action sur celui des marchés. Il est vrai que la pression de ces derniers était devenue telle qu'ils n'avaient plus guère de choix que s'accorder, sauf à plonger de façon certaine le système financier mondial dans un chaos comparable à celui qui avait suivi la faillite de Lehman Brothers.

La question est de savoir s'il n'est pas déjà trop tard et si le plan, au-delà de la réaction positive initiale observée lundi matin sur les marchés, sera en mesure de ramener durablement le calme. D'abord, annoncer la création d'un fonds de 750 milliards d'euros pour aider des pays défaillants, c'est, d'une certaine manière, entériner que l'Espagne et le Portugal vont connaître de très graves difficultés au cours des prochains mois.

La zone euro elle-même est prête à débloquer 500 milliards, ce qui est fait pour convaincre, mais inquiète aussi. Car c'est par l'emprunt que les pays de la zone euro se procureront l'argent nécessaire. C'est par de l'endettement supplémentaire que les Européens prétendent combattre une crise due à la dette. C'est en creusant de nouveaux trous qu'ils prétendent en boucher d'autres. Des plans de rigueur d'un côté, des emprunts à tout-va de l'autre...

Autre point inquiétant, la perte de crédibilité de la Banque centrale européenne. Son président, Jean-Claude Trichet, avait déjà dû accepter la participation du FMI au plan d'aide à la Grèce après s'y être publiquement opposé. Il a dû se résoudre à ce que son institution achète directement des emprunts d'Etat - ce qui revient à "monétiser" la dette - après avoir totalement écarté cette éventualité trois jours auparavant. Cela fait beaucoup de couleuvres avalées pour une BCE qui, jusqu'à présent, était la seule institution européenne à inspirer confiance aux grands investisseurs internationaux.

Surtout, ce plan n'offre pas la moindre piste pour remédier aux défauts de structure de l'Union monétaire que la crise a mis en évidence : absence de gouvernance économique et de solidarité budgétaire, écarts de compétitivité entre pays, problèmes de croissance, et donc de solvabilité, à terme, des pays d'Europe du Sud. Le plan d'urgence permettra de faire tomber la fièvre, pas de guérir le malade.


Article paru dans l'édition du 11.05.10

lunes, 10 de mayo de 2010

"UN TRAITEMENT DE CHOC QUI NE GUÉRIT PAS TOUT"

Edito du Monde
Un traitement de choc qui ne guérit pas tout
LE MONDE | 10.05.10 | 14h14

obilisation générale", "riposte massive" : c'est un vocabulaire militaire qui a accompagné l'annonce du plan de sauvetage de l'euro dévoilé lundi 10 mai au petit matin à Bruxelles par les dirigeants européens. Et face aux attaques sans précédent des marchés, ce sont bien des armes de destruction lourde qui ont été sorties : création d'un fonds d'intervention de 750 milliards d'euros, action coordonnée des grandes banques centrales, achat direct d'emprunts d'Etat par l'institut d'émission européen.

Il faut bien sûr se réjouir du fait que les Européens aient enfin réussi à surmonter leurs divergences. Se féliciter aussi de voir qu'après des mois de tergiversations et d'hésitations qui ont laissé l'affaire grecque contaminer toute la zone euro, ils aient pris la mesure de la gravité de la crise et compris la nécessité de caler le rythme de leur action sur celui des marchés. Il est vrai que la pression de ces derniers était devenue telle qu'ils n'avaient plus guère de choix que s'accorder, sauf à plonger de façon certaine le système financier mondial dans un chaos comparable à celui qui avait suivi la faillite de Lehman Brothers.

La question est de savoir s'il n'est pas déjà trop tard et si le plan, au-delà de la réaction positive initiale observée lundi matin sur les marchés, sera en mesure de ramener durablement le calme. D'abord, annoncer la création d'un fonds de 750 milliards d'euros pour aider des pays défaillants, c'est, d'une certaine manière, entériner que l'Espagne et le Portugal vont connaître de très graves difficultés au cours des prochains mois.

La zone euro elle-même est prête à débloquer 500 milliards, ce qui est fait pour convaincre, mais inquiète aussi. Car c'est par l'emprunt que les pays de la zone euro se procureront l'argent nécessaire. C'est par de l'endettement supplémentaire que les Européens prétendent combattre une crise due à la dette. C'est en creusant de nouveaux trous qu'ils prétendent en boucher d'autres. Des plans de rigueur d'un côté, des emprunts à tout-va de l'autre...

Autre point inquiétant, la perte de crédibilité de la Banque centrale européenne. Son président, Jean-Claude Trichet, avait déjà dû accepter la participation du FMI au plan d'aide à la Grèce après s'y être publiquement opposé. Il a dû se résoudre à ce que son institution achète directement des emprunts d'Etat - ce qui revient à "monétiser" la dette - après avoir totalement écarté cette éventualité trois jours auparavant. Cela fait beaucoup de couleuvres avalées pour une BCE qui, jusqu'à présent, était la seule institution européenne à inspirer confiance aux grands investisseurs internationaux.

Surtout, ce plan n'offre pas la moindre piste pour remédier aux défauts de structure de l'Union monétaire que la crise a mis en évidence : absence de gouvernance économique et de solidarité budgétaire, écarts de compétitivité entre pays, problèmes de croissance, et donc de solvabilité, à terme, des pays d'Europe du Sud. Le plan d'urgence permettra de faire tomber la fièvre, pas de guérir le malade.


Article paru dans l'édition du 11.05.10

EUFORIA FINANCIERA

Top of the Agenda: EU Unveils Euro Stability Package

The European Union agreed on a 750 billion euro ($955 billion) bailout plan to stave off the spreading sovereign debt crisis (WSJ). The plan includes 440 billion euros of loans from eurozone governments, 60 billion euros of EU emergency funding, and 250 billion euros from the IMF. The European Central Bank also said it had agreed to buy eurozone government and private bonds, while the U.S. Federal Reserve said it would reopen swap lines with other central banks. The euro and European stocks rose sharply. Investors rallied enthusiastically after the ECB's announcement, since it failed to announce such efforts at its governing council meeting last week. European parliaments still need to approve their contributions. German Chancellor Angela Merkel--who hesitated to approve the join EU-IMF aid package for Greece--said Germany's government intends to approve the new aid package Tuesday.

Merkel suffered a critical defeat in a regional election (FT) in North Rhine-Westphalia, related to her decision to support the Greek bailout. Her coalition will lose its majority in the upper house of German parliament, threatening her reform plan to boost eurozone growth.

Analysis:

On FT.com, Mohamed El-Erian says many questions about the aid package remain, including how these interventions will be approved, financed, and executed, and how effective will the package be.

In the Daily Telegraph, Ambrose Evans-Pritchard says it is unclear how long Germany will continue to acquiesce in the bailout, considering Merkel's loss in North Rhine-Westphalia and in the upper house of parliament.

Background:

This CFR Backgrounder profiles five heavily indebted eurozone countries.

jueves, 29 de abril de 2010

EN PLENA PRESIDENCIA SEMESTRAL DE LA UE

EDITORIAL

Salir del estupor

La rebaja de la calidad crediticia obliga al Gobierno a concretar sus medidas de ajuste

29/04/2010

Paso a paso, los mercados financieros (es decir, los inversores europeos y mundiales) están castigando la política económica española por la falta de claridad en aplicar las medidas anunciadas para corregir el voluminoso déficit público generado durante la crisis. En un clima de inquietud general, causado por el crash de Grecia y el deterioro galopante de la solvencia de Portugal, la agencia de rating Standard & Poor's rebajó la calificación de la deuda española desde AA+ a AA y deja abierta la posibilidad de nuevas degradaciones. La decisión acentuó la convulsión de la Bolsa española, que ayer perdió el 2,99%, mucho más profunda que Londres, París o Francfort.

Aunque se puede argumentar que el rigor de las agencias de calificación merece ser cuestionado, sobre todo por su incapacidad para calibrar el alcance de la crisis financiera (S&P tenía muy bien calificado a Lehman Brothers cuando quebró), y que otras agencias mantienen su confianza en las cuentas españolas, lo sustancial es que la decisión refleja las dudas de muchas instituciones financieras o políticas ante los problemas del Gobierno para aplicar un plan de ajuste de sus gastos públicos, un programa de rescate de las entidades financieras y una reforma del mercado de trabajo.

La solvencia financiera de España se aproxima a territorios peligrosos no sólo por el contagio de Grecia o por la presión de los especuladores, sino por la incapacidad del Ejecutivo para concretar el plan económico que diseñó, correcto en sus líneas generales, pero que está perdido en el limbo de negociaciones diferidas, pactos nebulosos y descoordinación entre ministerios. España ha dilapidado un tiempo precioso, el que concedieron los inversores cuando el Gobierno explicó las líneas generales de su plan de ajuste en Londres.

La degradación crediticia tendrá consecuencias. Encarecerá el coste de la deuda y dificultará la financiación de las entidades bancarias. No hay que descartar que la pérdida de calidad precipite la crisis de alguna caja o banco. Y deteriorará la imagen de los grandes bancos (menos afectados inicialmente por la crisis financiera) y las empresas españolas.

Resulta imperativo que el Gobierno salga de su estupor, porque cada minuto que pasa sin decisiones efectivas encarece el coste de restaurar la confianza en la solvencia española. Después de la pérdida de calidad crediticia, ya no bastará con una moderación salarial en el sector público para convencer a los mercados de que España puede reducir el déficit al 3% en 2013; será necesario aplicar un plan de congelación de los sueldos públicos y una poda administrativa. Tampoco será suficiente con el tibio enjuague de fusiones consentidas entre cajas de ahorros de la misma autonomía; habrá que ir a recapitalizaciones forzosas e intervenciones de la autoridad bancaria. El Gobierno tendrá que presentar además ajustes de los costes sociales. La resistencia a tomar decisiones por miedo a las reacciones políticas o sociales siempre se paga.

© EDICIONES EL PAÍS S.L. - Miguel Yuste 40 - 28037 Madrid [España] - Tel. 91 337 8200

L'EUROPE À QUITTE OU DOUBLE

Edito du Monde

L'Europe à quitte ou double


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Le contraste est saisissant, spectaculaire même. A Shanghaï, la Chine s'apprête à inaugurer une Exposition universelle pharaonique pour mieux faire la démonstration de sa puissance aux yeux du monde - et des Chinois. A Bruxelles - elle-même déchirée par de picrocholines et pathétiques querelles linguistiques -, l'Europe fait chaque jour un peu plus étalage de son impuissance aux yeux du monde - et des Européens.

On en oublierait presque que le PIB de l'Union européenne est encore trois fois supérieur à celui de l'empire du Milieu. Et pour cause : depuis trois mois, plus encore depuis trois semaines, le noyau dur de cette Union - la zone euro et ses seize membres - se fissure chaque jour un peu plus, miné par la crise financière de la Grèce, et plus encore par ses divisions, ses égoïsmes, ses tergiversations et son incapacité à parler d'une voix claire.

Au départ, le problème à régler paraissait relativement simple : comment aider l'un des membres du club euro, de taille modeste qui plus est, à passer un cap financier difficile. La situation était évidemment très agaçante puisqu'elle mettait brusquement au grand jour les mensonges répétés, ces dernières années, des gouvernements grecs sur l'état réel de leurs finances publiques. Mais elle était tout sauf insurmontable : après tout, Athènes n'avait besoin que de 30 milliards d'euros pour rembourser ses emprunts en 2010.

A l'arrivée, c'est toute la zone euro qui menace d'être déstabilisée par contagion. Non sans raison, évidemment, on peut toujours accuser les marchés, les spéculateurs et les agences de notation d'attiser l'incendie. Après la Grèce, les voilà aujourd'hui tentés de s'attaquer aux autres maillons faibles de l'Europe, Portugal et Espagne en tête.

Mais s'ils s'y emploient avec autant de succès, hélas, c'est bien parce que l'Europe n'a pas su éteindre le feu à temps. Il y a trois semaines, l'Union européenne s'est certes engagée à aider la Grèce, sous conditions. Mais cette promesse a été accordée avec tant de réticences, notamment allemandes, que les marchés l'ont pris pour ce qu'elle était : une promesse verbale. Ils sont repartis à l'assaut, plongeant encore plus la Grèce vers la faillite.

Alors que M. Barroso, président de la Commission, et M. Juncker, président de l'Eurogoupe, sont étrangement absents, une telle hypothèse est "hors de question", a martelé, mercredi 28 avril, Jean-Claude Trichet, le président de la Banque centrale européenne, qui a dû se résoudre à laisser le FMI prendre la main. Quant au président de l'Union, Herman Van Rompuy, il n'a pu convoquer qu'un sommet européen bien tardif. Mais les responsables de la zone euro, pour être crédibles, doivent passer à l'acte. Tous ou presque sont confrontés à des situations financières difficiles, voire inquiétantes. Mais s'ils continuent, comme ils le font depuis des semaines, à privilégier leurs intérêts nationaux au détriment de leur destin collectif, c'est l'aventure européenne qu'ils prennent le risque de jouer à quitte ou double. On veut espérer qu'ils mesurent leur responsabilité.



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